dimanche 8 mai 2016

Artificial Intelligence


Le terme « intelligence artificielle », créé par John McCarthy, est souvent abrégé par le sigle « I.A. » (ou « A.I. » en anglais, pour Artificial Intelligence). Il est défini par l’un de ses créateurs, Marvin Lee Minsky, comme « la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique »1,2. On y trouve donc le côté « artificiel » atteint par l'usage des ordinateurs ou de processus électroniques élaborés et le côté « intelligence » associé à son but d'imiter le comportement. Cette imitation peut se faire dans le raisonnement, par exemple dans les jeux ou la pratique des mathématiques, dans la compréhension des langues naturelles, dans la perception : visuelle (interprétation des images et des scènes), auditive (compréhension du langage parlé) ou par d'autres capteurs, dans la commande d'un robot dans un milieu inconnu ou hostile.
Même si elles respectent globalement la définition de Minsky, il existe un certain nombre de définitions différentes de l'IA qui varient sur deux points fondamentaux3 :
Les définitions qui lient la définition de l'IA à un aspect humain de l'intelligence, et celles qui la lient à un modèle idéal d'intelligence, non forcément humaine, nommée rationalité.
Les définitions qui insistent sur le fait que l'IA a pour but d'avoir toutes les apparences de l'intelligence (humaine ou rationnelle), et celles qui insistent sur le fait que le fonctionnement interne du système d'IA doit ressembler également à celui de l'être humain et être au moins aussi rationnel.
L'origine de l'intelligence artificielle se trouve probablement dans l'article d'Alan Turing « Computing Machinery and Intelligence » (Mind, octobre 1950)4, où Turing explore le problème et propose une expérience maintenant connue sous le nom de test de Turing dans une tentative de définition d'un standard permettant de qualifier une machine de « consciente ». Il développe cette idée dans plusieurs forums, dans la conférence « L'intelligence de la machine, une idée hérétique »5, dans la conférence qu'il donne à la BBC 3e programme le 15 mai 1951 « Les calculateurs numériques peuvent-ils penser ? »6 ou la discussion avec M.H.A. Newman, Sir Geoffrey Jefferson et R.B. Braithwaite les 14 et 23 janvier 1952 sur le thème « Les ordinateurs peuvent-ils penser? »
On considère que l'intelligence artificielle, en tant que domaine de recherche, a été créée à la conférence qui s'est tenue sur le campus de Dartmouth College pendant l'été 19568 à laquelle assistaient ceux qui vont marquer la discipline. Ensuite l'intelligence artificielle se développe surtout aux États-Unis à l'université Stanford sous l'impulsion de John McCarthy, au MIT sous celle de Marvin Minsky, à l'université Carnegie-Mellon sous celle de Allen Newell et Herbert Simon et à l'université d'Édimbourg sous celle de Donald Michie. En France, l'un des pionniers est Jacques Pitrat.
À l’orée des années 1950, entre la naissance de la cybernétique et l’émergence quelques années plus tard de l’intelligence artificielle (I.A), alors que les meilleurs esprits du temps s’interrogent sur la possibilité de construire des machines pensantes, Alan Turing propose, dès le début d’un article demeuré célèbre, un test pour déterminer si une machine peut être définie par « consciente »
Définir l’intelligence est difficile et il n’est pas certain qu’on puisse y arriver un jour d’une façon satisfaisante. C’est cette remarque qui poussa le mathématicien britannique Alan Turing, il y a soixante ans, à proposer « le jeu de l’imitation » qui fixait un objectif précis à la science naissante des ordinateurs que l'on n'appelait pas encore informatique. Ce « jeu de l'imitation » suggérait qu'un juge puisse dialoguer avec une machine et un humain à l'aide d'un terminal sans pouvoir les différencier l'un de l'autre.
Jusqu'à ce jour, personne n'a encore pu réaliser ce test, malgré la tentative de nombreux programmes, et devant la pertinence de ses échecs certains informaticiens pensent que réaliser un programme aussi complexe ne permettrait pas de démontrer l'intelligence du programme et sa capacité à penser.
De nos jours, une machine peut certes réviser, faire évoluer des objectifs qu’on lui a attribués. Une machine peut même être programmée pour pouvoir réécrire, restructurer sa connaissance initiale à partir d’informations reçues/perçues. Mais la machine d’aujourd’hui ne pense pas : elle n’a pas conscience d’elle-même (et en particulier de ses limites), elle ne peut pas ultimement décider de ses buts ni sans doute imaginer de nouvelles formes de représentations du monde

dimanche 1 mai 2016

google AdWords


Lorsqu'un internaute utilise Google, deux listes de résultats sont affichées : au centre de la page, les résultats du moteur de recherche lui-même, classé selon des critères « objectifs » - nommés résultats naturels (cf. Googlebot et le système PageRank); et en haut de page et sur le côté droit, les résultats provenant de la régie AdWords, nommés liens commandités. Google tire ainsi profit de son moteur de recherche en vendant cet espace publicitaire sous la forme de clic aux annonceurs souhaitant apparaître à la suite d'une « recherche » effectuée par un internaute.
Avec AdWords, les publicités sont affichées :
sur les pages de recherche Google (si vous tapez le mot-clé « voiture », des publicités ciblées pour voitures apparaissent) ;sur Gmail (avec AdSense : vous dites par courriel à un ami que vous cherchez une voiture, des publicités ciblées pour voitures apparaissent ; le ciblage se fait automatiquement et aucun humain ne lit votre courriel) ;
sur le moteur de recherche des partenaires de Google (AOL, Free, Amazon, etc.) ;
sur le réseau Display (des sites personnels ou d'entreprises tierces avec AdSense : Google parcourt votre site avec Mediabot, et si votre site personnel parle de voiture, des publicités ciblées pour voitures apparaissent et Google vous paye un pourcentage du clic payé par l'annonceur qui vend des voitures ; si votre site critique les fast-foods, l'encart de publicité pourrait afficher des publicités vantant les mérites de tel ou tel hamburger) ; Depuis le 19 Février 2015, la sélection de site de niche en sous-domaine n'est plus proposée dans Adwords. Il existe toutefois une option avancée d'Adwords ("Ajout de plusieurs sites simultanément") qui permet de cibler des sous-domaines, ou une page précise, ou un répertoire d'un site pour que l'annonceur puisse diffuser ses publicités Adwords sur ce réseau Display.
sur des applis de smartphones (via sa filiale AdMob).
Cette publicité serait très efficace, car elle permet de cibler les internautes en fonction de la recherche effectuée. Il reste toutefois à démontrer d'une part le lien et les probabilités existant entre le fait de taper un mot-clé et celui de cliquer sur la publicité, et d'autre part entre le fait de cliquer sur la publicité puis d'acheter le produit.
Néanmoins une étude menée par l'Institut français d'opinion publique (IFOP) pour l'agence AdWords Ad's up en Juin 2013 précise que 52% des internautes cliquent sur les liens commandités lorsqu'ils effectuent une recherche sur Google. 36% des internautes ne font pas la distinction entre les résultats naturels et les liens commandités1.
L'intérêt commercial principal des Adwords, outre l'aspect publicité directe, est de permettre à l'utilisateur des Adwords de se fixer un budget journalier pour ses diffusions Adwords. Cela permet une maîtrise totale de son budget publicitaire. Lorsque le nombre de clics a engendré un coût égal au budget fixé, l'annonce ne sera alors plus diffusée jusqu'au lendemain, dans la limite de + 20 %2.
Il est possible, par ailleurs, de détourner AdSense (fraude au clic), tandis que les publicitaires eux-mêmes ont pu payer des sites Paid to click, où ils proposaient à des gens de gagner de l'argent en cliquant sur des publicités (escomptant que ces personnes allaient ensuite acheter leurs produits, bien que leur motif premier soit de gagner de l'argent, non d'en dépenser).
Annonces et GmailLe courrier des utilisateurs Gmail est analysé par un robot et des publicités sont ajoutées à côté des messages en fonction de leur contenu. Ainsi, un courrier parlant de « cours », de « TD » ou encore de « professeur » se verra accompagné d'une publicité pour des sites de soutien scolaire, plutôt que d'une publicité pour un sujet complètement différent.
JurisprudencePlusieurs marques ont intenté des procès en France contre Google, estimant qu'il n'avait pas le droit de vendre des mots-clés contenant le nom de ces marques à des tiers. En effet, cela peut avoir pour résultat qu'à côté de la marque en question, qui s'affiche parmi les résultats de la recherche, d'autres marques, voire des contrefaçons, soient affichées par le logiciel AdWords. En 2005, déjà, Google avait été condamné solidairement avec Espace 2001 à verser des dommages et intérêts à la société Amen (entreprise), les défendeurs n'ayant pas fait appel3. En 2006, la Cour d'appel de Paris a ainsi condamné Google à payer 300 000 euros de dommages et intérêt à Louis Vuitton4. Google a formé un pourvoi, et la Cour de cassation a posé une question préjudicielle à la Cour de justice de l'Union européenne5.
En septembre 2009, l'avocat général de la Cour européenne a proposé que cette Cour réponde aux questions préjudicielles dans un sens favorable à Google6. Selon le communiqué de la Cour:
« les utilisateurs d’Internet sont conscients du fait que le site du titulaire de la marque ne sera pas le seul à apparaître en réponse à une recherche effectuée sur le moteur de recherche de Google et ils peuvent même parfois ne pas être à la recherche de ce site. (...) les droits de marque ne peuvent pas s’entendre comme des droits de propriété classiques permettant aux titulaires d’exclure tout autre usage. (...) Il estime que, au lieu de pouvoir empêcher, par le biais de la protection de la marque, tout usage concevable – y compris de nombreux usages licites et même souhaitables – les titulaires de marques devraient se concentrer sur les cas spécifiques susceptibles d’engager la responsabilité de Google au titre de préjudices indûment causés à leurs marques7.